Quel plaisir de s'enfoncer sous la futaie, au printemps quand les premières feuilles apparaissent, l'été quand le soleil nous met en sueur, l'automne quand les feuillages mordorés nous offrent de véritables oauvres d'art...

Sur les bords on y cueille des violettes, des coucous; on y ramasse des fraises des bois et quelquefois des champignons..

Des pieds de menthe sauvage ou de mélisse nous envoient leurs énivrantes effluves...

Une balade dans le Tarn

Je vous invite à faire une ballade sur les "Hauts de Gaillac "

Ah, ce n'est pas un trek au Népal, mais on y respire, et ça ne coûte rien...! Le charme des coteaux, la beauté des pigeonniers anciens, la douceur des vallonnements, le mystère des sous-bois, la gentillesse des gens du cru, la dégustation au passage d'une grappe de raisins mordorés ou d'une figue sauvage, emmiellée et collante...

Et en prime, le silence et la paix, tout ça vaut de l'or dans ce monde agité.

Huit heures, il fait un peu frisquet, les poils des bras se hérissent sous les manches de la chemisette, le bidon d'eau clapote dans le sac à dos, au loin, on entend le teuf-teuf d'un tracteur agricole, on est bien...

Le ciel est bleu, des oiseaux se chamaillent dans les buissons...

Allez, il est temps de prendre le petit chemin, à gauche, au milieu des vignes, pour monter vers la colline boisée

 

Le " vieux marcheur" vous incite fortement à prendre le sac à dos, les chaussures de randonnée et le coupe-vent, et à découvrir les chemins de chez vous, à côté, ils sont beaux et vous connaitrez les gens, vos voisins...

Et pendant les vacances venez faire le tour de la place du "Griffoul" et déguster un délicieux " Gaillac perlé"

Maurice

L'homme aurait préféré voler à marcher...

" Eh bien, tu auras des pieds "

Lui dit-on... !!

( Salah Stétié )

Là, je m'arrêtes toujours longuement... ce mas perdu dans ce beau vallonnement m'intrigue...

On ne le voit qu'à travers le feuillage, ce qui lui donne encore plus de mystère...

Combien de générations ont vécu ici ? Combien de vieillards y ont fini paisiblement leur vie ? Je connais maintenant le propriétaire, il m'a invité chez lui, j'irai un jour, mais il faut du temps...

Comme pour le renard du Petit Prince, il faut savoir patienter pour aborder les mystères.

Tout est beau dans ce pigeonnier ancien, les formes, la matière, les couleurs, l'exposition, le cadre...

C'est une oeuvre d'art...!!

Nos parents, nos grands parents, nos arrière-grands parents étaient non seulement de merveilleux artisans, mais aussi, sans le savoir, de grands artistes...

De temps à autre, on est étonné et surpris par une apparition incongrue dans le paysage...

Un jeune randonneur accompagné de son âne porteur... Ce n'est pas la fameuse ânesse" Modestine " qui tint compagnie à Stevenson dans les Cévennes, mais tout de suite, cela attire la sympathie...

Oui," il " est de la région, oui il a un pré ou il élève deux ânes, " il " effectue une petite rando pour vérifier son matériel, car il part la semaine prochaine, faire une transhumance du Lot en Lozère.

Marcher comme on vole

Aller

Mus irrésistblement par une force

Force doucement étrangère

Aller comme on respire

Marcher

Tel un seul être qui aurait Deux corps

Béatrice KAD

Ouverture vers le ciel, ouverture sur l'inconnu...

Ou va-t-il ce chemin qui redescend...?

Je ne sais pas, et c'est bien mieux ainsi, il y a le plaisir de la découverte, c'est un peu le bonheur de la vie..

Que ce soit dans un métier, dans l'amour, dans les voyages, dans la paternité ou la maternité, la vraie vie, c'est l'apprentissage, le hasard, le risque, jusqu'à l'ultime illumination, ou l'ultime finitude !

Salut les copains, ils sont vraiment sympa tous les trois, quand je passe, ils accourent me saluer, et ils écoutent tout ce que je leur dis, sans jamais me contrarier...

Quand j'y pense, je mets deux ou trois carottes dans mon sac, et on les déguste ensemble..

L'auteur du site est lui-même un âne, aprés trois quarts de siècle sur la terre, il se demande vraiment ce qu'il fout là...!!

 

Reprendre un sous-bois pour se relaxer un peu, ramener sa vision à quelques pas devant soi, presque regarder ses pieds avancer...

Précieux pieds qui ont transporté les hominidés de la savane éthiopienne à l'Europe, à l'Asie, à l'Amérique... Précieux pieds, premiers vecteurs de civilisation en quelque sorte...!!

A chaque fois que je passe à cet endroit, je m'arrêtes et ne peux m'empêcher de méditer... Sur la fugacité des choses, sur l'impermanence perpétuelle des situations humaines...

Ici, dans cette petite maison, il y cinquante ans, cent ans peut-être, des gens vivaient, un couple s'y aimait, des enfants joyeux et rieurs devaient courir et s'amuser dans les prés alentour...

Et aujourd'hui, comme tout sur la terre, ça se lézarde, ça meurt...

Des pieds, les neurones sont remontés dans le cerveau primitif... puis sont redescendus dans la main.. agile.. inventive.. caresseuse.. violente aussi..!!

Quand la fatigue se fait sentir, mieux vaut faire une petite pause, laisser les vieux mollets septuagénaires se détendre avant la douloureuse crampe...

Poser le sac, trouver un vieux tronc d'arbre pour poser ses fesses, sortir le bidon d'eau, boire tranquillement trois ou quatre gorgées d'eau, croquer un carré de chocolat, profiter du charme bucolique de l'endroit...

Regarder passer les nuages... !!

Après avoir contemplé ses pieds, on peut lever la tête et contempler le ciel...

Le poète et chanteur québecquois Gilles Vigneault disait:

" Un jour, je vais me mettre à travailler sérieusement..., je vais m'allonger dans l'herbe, sur le dos, et je vais compter les nuages qui passent..."

Belle profession de foi, à faire méditer aux étudiants en marketing et aus apprentis économistes, qui mettent le monde en esclavage...!!

Marcher, en silence, sans se poser de questions, mettre un pied devant l'autre, humer les effluves diverses qui montent du sol ou s'échappent des bois alentour...

Faire le vide dans sa tête, chanter si l'on en a envie et le gout, chasser les miasmes culturels et publicitaires pernicieux, prier peut-être, oui, prier...

Psalmodier la " Prière du Coeur"... Chaque pas devient une invocation divine libératrice, dans les pas de Jésus sur les routes de Palestine.

La Beauté...

Pas de grands architectes internationaux dans ce décor paradisiaque, pas de dépenses somptuaires...

Simplement le travail de plusieurs générations de paysans et de vignerons, acharnés à gratter la terre pour en tirer sa quintescence...et en vivre... !!

C'est simple, c'est BEAU...

Quand la Beauté s'offre à nous, il faut s'arrêter, poser le sac, regarder, admirer, s'extasier, exulter...

La première côte grimpée, on est vite récompensé par ce premier paysage bucolique... ce n'est pas la Toscane, mais enfin...!!

Au centre, la petite église de Vors et son cimetière attenant... On est agréablement surpris du parfait état des batiments et des lieux, merci aux personnes pieuses ou conscientes du patrimoine qui entretiennent ces témoins du passé.

D'heureux élus y ont encore été enterrés récemment, mais ces sépultures au calme, doivent être rares et chères...

Quittons la vallée et montons vers les Hauts... Quittons la vallée et l'activité des hommes affairés et montons.. Quittons l'agitation souvent vaines des humains et montons...

Le chemin est notre ami, il nous attend, il nous guide, il nous conduit sagement et tranquillement là ou nous désirons aller... Il fait bien quelques détours bizarres, mais il est comme la vie, il faut la découvrir chaque jour...